Mardi 13 janvier 2009 2 13 /01 /Jan /2009 17:00

MICHELINE DUCATTEAU

Mon arrière grand père Henri Ducatteau né vers 1840 était industriel dans le textile à Roubaix. Il était très ingénieux et aurait inventé le tissu éponge, il a même reçu une très belle sculpture en bronze en cadeau qui est pour mon neveu Bernard Ducatteau.

Il a eu 3 enfants Henri Sophie et Léon. Mon grand père Henri Ducatteau (s’appelait Henri car comme fils aîné il devait succéder à son père). Il est né en 1866 et mort en 1941. Il était industriel et fabriquait de jolis tissus fantaisies pour gilets. Il habitait une grande maison au centre de Roubaix. Je n’ai pas connu ma grand-mère décédée en 1925 quand j’étais toute petite. Ils ont eu 4 enfants Louis mon père Marie Louise dont le mari Jacques Vittrant a fait fortune à Calais, il avait un bureau d’étude où avec une dizaine de dessinateurs il concevait des machines automatiques qui fabriquaient les premières dentelles industrielles (la dentelle était très chère et à la mode, dentelle d’Alençon de Chantilly etc. ) puis Henri ophtalmologiste à Douai, il avait sa propre clinique dans la maison voisine de la sienne à Douai et Maurice père du Saint Esprit qui a été tué fin 1915 pendant la 1ère guerre mondiale.

Mon grand était poète, j’ai un beau poème écrit pour le 1er anniversaire de la mort de son fils. J’ai aussi un petit meuble lui appartenant, il était conçu pour contenir un des premiers gramophones Avec un énorme pavillon, hélas disparu.

Mon arrière grand-père maternel s’appelait Hennion mais je ne sais rien sur lui. Mon grand père Alphonse Hennion né le 28 septembre 1861 à Tourcoing était contre maître dans une filature à Tourcoing. Sa femme Aimée Maret née en 1867 est décédée en 1948. Ils ont été fiancés 7 ans (durée du service militaire). Aimée était contre maîtresse dans la même filature à Tourcoing (agglomération de Lille Roubaix Tourcoing).

Ils ont eu 2 enfants Gabrielle Hennion née le 10 janvier 1889. Elle a épousé Louis Ducatteau né le 4 avril 1889, ils avaient tous les deux 23 ans. (Maman était amie avec Marie Louise Ducatteau). Leur fils Michel Hennion était prêtre et professeur de français latin grec. Vers 45 ans il a été nommé curé à Armentières (ville où est née Line Renaud).  Puis curé à Croix à côté de Roubaix. Michel Hennion était au séminaire avec Maurice Ducatteau. Mon père était beau garçon et je crois un peu coureur, ce qui navrait son père.

On lui a fait rencontrer Gabrielle Hennion, belle jeune fille réservée qui avait reçue une très bonne éducation au pensionnats Notre Dame des anges, elle était d’un milieu plus modeste. Elle avait son Brevet supérieur; presque l’équivalent du bac à une époque ou on arrêtait ses études après le certificat d’étude, surtout les filles.

Louis Ducatteau et Gabrielle Hennion se sont mariés en janvier 1912 à Tourcoing. Papa a monté à Arras une entreprise qui commercialisait les tissus fantaisies pour gilets fabriqués par son père et très à la mode à cette époque.

La guerre de 1914 a débuté le 4 août. Papa est parti et à été très grièvement blessé au chemin des dames fin 1914 et laissé pour mort. Les allemands l’ont ramassé, il était prisonnier. Cela lui a peut être sauvé la vie, la médecine allemande était plus performante à ce moment là. Papa était pleins d’éclats d’obus, un lui avait traversé le ventre et bousillé un rein.

Ma mère enceinte de Gérard a été prévenue; elle a traversé les lignes ennemies en se cachant. Elle a pu arriver dans la ville où les grands blessés devaient être hospitalisés. Elle allait à la gare à tous les trains et a retrouvé son Louis, mais en piteux état, sur un brancard. Maman ne savait pas où les allemands l’avaient transporté. Elle est allée voir les allemands et à sa grande honte un officier l’a emmené en voiture à cheval faire le tour des hôpitaux.

Elle l’a retrouvé. Papa a été emmené en Allemagne. Environ un an après, Gérard était né mais ne marchait pas. La grande Duchesse de Bâle en Suisse a demandée aux allemands de lui envoyer des grands blessés prisonniers. Mon père est parti en Suisse. Il a fait des démarches, maman a pu le rejoindre; (elle s’était engagée dans la croix rouge comme infirmière, j’ai dans ma vitrine des médailles de cette époque).

Maman a pu le rejoindre avec 4 enfants, mon frère Gérard 1 an, sa nièce Maryse Vittrant «car dans le Nord il n’y avait rien à manger» 4 ans et son frère son neveu Jacques 3 ans ainsi qu'une petite cousine un peu plus âgée sourde et muette (qui plus tard lisait sur les lèvres et parlait d’une voix rauque).

En arrivant à Chafouse en Suisse maman fut fascinée par les devantures des charcuteries pleines comme avant guerre. Avec papa ils se sont installés au Diableret, Gérard y a fait ses premiers pas et connu son père, il en était jaloux. Maryse et Jacques y étaient aussi (photos). Mon père s’est occupé de cinéma, ses déplacements lui ont permis de faire du contre espionnages (j’ai quelques documents ainsi que des laissez passer de maman).

Ils sont rentrés à Arras la guerre terminée. Mon père a eu une entreprise de papiers peints à Paris. Francis est né le 7 mars 1921 (après des études à Stanislas et à Henri IV il a été reçu entre autre aux mines et à central. Envoyé par le STO aux mines de Lens; il a pu me faire descendre au fond de la mine, je suis remontée les poches pleines de fossiles qui sont restés en Algérie).

Moi, Micheline je suis née le 8 décembre 1923 à Paris XIVème, étude à Notre Dame de Sion (où la comtesse de Paris était élève en 1ère et moi au jardin d’enfants, classe précédant le primaire, une grande élève était chargée de nous, on l’appelait notre ange, la notre était la comtesse de Paris). Dans ma classe il y avait Micheline Sachagne, très drôle qui est devenue Micheline Presle actrice connue).

Mon père est entré dans les assurances à l’Urbaine vie (AXA). En 1939 papa a été mobilisé, il était capitaine du train dans la drome où il organisait le trafic ferroviaire militaire, nous étions à Saint-Quay en vacance en Bretagne; nous y sommes restés jusqu’à ce qu’on trouve pour Francis une école préparant l’entrée aux grandes écoles.

Stanislas devait s’installer au château d’Ô (où nous avons fêté nos noces d’or).Toutes les grandes écoles ont fui Paris, finalement le lycée Henri IV est venu à Alençon; pas de logements à Alençon mais les habitants accueillants on fait de la place aux réfugiés. Le ravitaillement était difficile, nous avions des cartes d’alimentation de pain, viande, matière grasse; on manquait de tout si bien que mon père à perdu 30kg.

Mais par rapport à Paris nous étions gâtés car on pouvait se procurer un demi mouton ou porc et on envoyait pleins de colis aux parisiens. Je me souviens des queues immenses à la poste. Pas d’essence papa faisait tout à vélo et en train, on devait cacher les voitures car elles étaient réquisitionnées.

A cette époque j’étais en seconde. L’été 1940 les troupes allemandes envahissaient la Belgique puis la France à toute allure. Se souvenant des atrocités et du manque de nourriture, les Belges puis les gens du Nord quittaient tout et se lançaient sur les routes en voiture vélo charrette tracteur avec des matelas fixés sur le toit des voitures. C’était un convoi ininterrompu. Comme tous nous avons suivi, Francis avait son permis que nous pouvions passer dés 16 ans (les hommes étant mobilisés).

Parfois les avions allemands mitraillaient les files de voitures, on s’aplatissait dans les fossés attendant qu’ils soient partis. Quand il y avait de l’essence les queues étaient impressionnantes. C’était la dure réalité de l’exode. J’avais un chat Kita à une escale à Saoin sur Gardampe il s’est sauvé dans un arbre, finalement on n’a pas pu le rattraper (dans ce village on pouvait voir dans l’église une magnifique fresque du moyen âge, restauré depuis).

On dormait dans des granges ou bâtiments où il y avait de la vermine surtout des poux. Nous sommes arrivés à Charroux et là les allemands nous ont rattrapé, Nous nous sommes installés à Charroux, Je ne sortais qu’avec Maman à cause des soldats qui campaient dans la prairie sous nos fenêtres. Ce fut l’armistice, finalement nous étions à quelques kilomètres de la zone libre.

Mon père n’était pas prisonnier, sachant où nous étions il a pu arriver prés de Charroux et un monsieur Dudognon a pu le faire passer en zone occupée, c’était encore facile à ce moment là si on connaissait la région. De retour à Alençon, la maison avait été occupée par des allemands, beaucoup de choses avaient disparu. Dans le salon sur la table louis XVI il y avait mis ma photo et un bouquet de fleurs fanées !

Mes parents ont trouvé des immondices que je n’ai pas vus. Ils m’ont volée mes deux ou trois grands albums de cartes postales, certaines de la guerre de 1914 et toute ma collection de cartes de la Sainte Catherine. Avant guerre on envoyait aux filles avant leurs 25 ans, des très jolies cartes  pour cette fête.

Mon frère Gérard a été prisonnier et a pu s’échapper presque aussitôt. Il essayait de remonter vers Alençon marchant la nuit; il a été repris à 10 km de la maison. Prisonnier à la caserne Valazé (depuis peu restauré, par le conseil régional de l’Orne).

Gérard n’a pas voulu s’évader de peur de représailles pour nous. Les prisonniers ayant des poux étaient conduits à l’hôpital sous bonne garde et les sœurs mettaient une salle à la disposition des familles où on voyait nos prisonniers librement. Grâce à cela papa et Gérard ont préparé une évasion possible «Argent carte d’identité tickets d’alimentation etc.. ».

J’ai un très mauvais souvenir de l’hiver 1940 particulièrement froid; j’allais à vélo à 7 heure du matin à la caserne à environ 4 km de la maison porter des colis à Gérard, les allemands ouvraient nos colis et coupaient tout pour voir s’il n’y avait rien de caché dedans. «Inconsciente un jour voyant Gérard à la fenêtre du toit, il dormait dans un hamac dans ce grenier, pour lui parler je me suis mise à faire du sémaphore dans la rue, appris au scout et guide de France ».

Gérard est parti en Allemagne dans des wagons à bestiaux; il a démonté la plaque fermant une petite ouverture tout en haut, à la nuit tombante prés de la Loire, il est sorti et là suspendu dans le vide il a sauté, pourtant il savait qu’au milieu et a la fin du convoi se trouvait des plateformes avec des allemands et des mitrailleuses. Mon frère n’a pas été atteint. Il a pu rejoindre la Loire la traverser ainsi passer la ligne de démarcation, il était en zone libre.

Micheline Ducatteau

J’ai déjà parlé de la vie de mes parents. J’étais guide aînée et cheftaine de louveteaux dans le quartier de Montsort. Cela m’a permis de faire des tas de choses intéressantes. Des camps, parfois volants, nous nous déplacions sac au dos. Cette période fut riche en expériences et a affermi profondément ma foi.

J’étais élève infirmière, je fus réquisitionnée au moment des bombardements. Pour la nuit à cause des bombardements les gens partaient pour les environs; nous avons dormi au presbytère d’Arçonnay. Les allemands avaient réquisitionné l’hôpital.

En ambulance, voiture, voiture à cheval, tracteur et aussi à pied, nous avons du vider l’hôpital et transporter les malades dans les salons des châteaux, transformés en salle d’hôpital. Les infirmières dormaient dans des granges. Les malades les moins atteints retournaient chez eux.

Mon travail principal a été d’aller les soigner chez eux. J’avais un laissez passé allemand. (Je l’ai encore et un livre écrit par madame Déchamp qui raconte cette période, mon nom y figure ainsi que celui de Gérard Germain, cousin germain de Roger; un autre cousin Michel Germain 23 ans résistant, plus tard pilote de chasse puis plus tard général d’aviation et attaché militaire aux Indes et à Moscou).

La nuit du 19 au 20 août1945, j’étais avec mes parents dans notre maison rue du Mans «l’évêque de Sées avait loué aux réfugiés les maisons vidées par la mobilisation, c’était l’aumônerie des petites sœurs des pauvres». La nuit du 19 août, le canon a retenti toute la nuit, nous sommes descendus à la cave, comme les tirs se rapprochaient dangereusement, nous sommes allés dans la tranchée que papa avait creusée dans le jardin.

Après de longues heures, nous avons entendu pleins de bruits sur la route mais plus de tirs. C’était l’armée française du général Leclerc qui libérait Alençon, à l’aube du 20 Août 1944, première ville française libérée par des soldats Français. Le général Leclerc y avait une tante madame de Hautecloque. Nous avons passés la fin de la nuit à faire du café avec de l’erzat à base d’orge grillée; ensuite avec du vrai café donné par les soldats.

Ils nous ont donnés du chocolat et des cigarettes, introuvable pendant l’occupation. C’était la joie, le délire. Les soldats ont installé un pipe line quelques temps après il a crevé, un champs tout prés était inondé d’un liquide rose. Tous les habitants venaient récupérer de l’essence. Les vapeurs nous rendaient un peu saoul, de plus les semelles de mes chaussures ont été bousillées; ce jour là, je n’avais pas mis mes chaussures à semelles de bois qui pour donner un peu de souplesse étaient fendues une fois à droite, une fois à gauche tous les centimètres. Cela se passait un mois après que Roger m’ait demandé en mariage. Après c’est une autre histoire….


Thomas, voici la réponse à la première question de ton email.

En 1940 à l’armistice nous étions catastrophés et beaucoup pensaient que le maréchal Pétain, un des sauveurs de la France à la guerre 14/18pouvait la sauver à nouveau. La devise qu’il donnait à la zone libre «TRAVAIL FAMILLE PATRIE» était alléchante et son emblème la francisque; on croyait que Pétain saurait résister aux allemands. Puis il y a eu entre autre cette poignée de main avec Hitler et l'envoi de soldats français pour combattre les russes avec les « boche » était impensable (même si à l’époque on pensait que l’ennemi N°1 était le communisme). Puis il y a eu Laval qui n’était pas aimé et sa honteuse milice. (Je n’avais que 17 ans et pas évoluée comme les jeunes de 2006).

Très vite nous nous sommes tournés vers le général de Gaule et la France libre et à son message d’espoir (beaucoup essayaient de se rendre en zone libre puis en Espagne pour rejoindre l’Angleterre). Nous étions suspendus à la radio « pan pan pan pan ici Londres les français parlent aux français». Personnellement j’ai cru très vite en de Gaule pour des raisons affectives car je connaissais sa fille Elisabeth qui était dans ma classe et aussi sa mère et sa sœur handicapée car plusieurs fois Madame de Gaule m’a gardée aux jardin du Luxembourg avec sa dernière fille dans une poussette.

Philippe de Gaule était lui à Stanislas avec mon frère Francis. L’appel du 18 juin, je ne l’ai pas entendu en direct car l’exode nous avaient emmené loin de chez nous et sous étions inquiets pour Gérard et Papa. Mais radio Londres nous le rediffusait souvent et malgré le brouillage affreux des allemands nous arrivions à entendre.

Réponse à la deuxième question.

Je n’étais qu’élève infirmière je faisais des stages à l’hôpital (j’ai particulièrement aimé celui en chirurgie et en maternité), J’en ai fait un dans une pouponnière tenue par une sage femme remarquable madame Né qui plus tard à ouvert une petite maternité (elle à mis au monde Olivier et Emmanuel) où je suis allée jusqu’à mon mariage bénévolement aider le dimanche matin. J’allais à la messe de 7 heures puis à la pouponnière jusqu’à midi sauf les dimanches où nous faisions une sortie avec mes louveteaux où avec les guides aînées «scouts de France». Au moment des bombardements j’ai été réquisitionnée au dispensaire, puis affectée à un PC. Roger y était aussi.


Par Tertois Olivier - Publié dans : Avant Guerre par Micheline Tertois 2
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Mardi 13 janvier 2009 2 13 /01 /Jan /2009 17:02

ROGER ET MICHELINE TERTOIS

Voilà Roger à la défense passive, nommé depuis les bombardements dans un PC situé près de la Sarthe au café des abattoirs. J’ai été envoyée au même PC en temps qu’élève infirmière.

J’y allais un jour sur deux : je faisais le premier jour et ma meilleure amie Arlette CLEMENT (GAULARD) le deuxième. Je faisais aussi des soins à domicile. Je me souviens de mon arrivée pour la première fois au PC ; j’y ai trouvé beaucoup de monde principalement des hommes dans une salle enfumée.

La seule personne que j’avais déjà vue lors d’une partie de bridge, était Roger. Aussi aimait-il dire que je m’étais jetée dans ses bras. Du PC j’allais soigner une jeune fille en phase finale de la tuberculose, son poumon avait été ouvert pour laisser le pu en sortir. Au bout d’un moment Roger m’y a m’accompagné.

Pour y aller, nous traversions les carrières de Condé sur Sarthe, avec un beau petit lac vert clair et des rochers. On traversait la route du Mans et par un petit chemin creux on arrivait à la ferme où vivait cette malade. J’avais un laissez-passer de la Comandanture car la bataille se rapprochait.

Un jour je suis passée comme tous les jours pour soigner ma jeune fille tuberculeuse, j’ai du avec mon vélo traverser le petit chemin creux menant à la ferme mais des chars allemands s’y étant cachés j’ai eu peur. Malheureusement je ne connais personne dans la résistance (j’en connaissais sans le savoir).

Roger allait sur les lieux bombardés : l’usine à gaz, la gare etc. où la défense passive déblayait et sortait des personnes coincées dans leur cave ou sous des gravas, un jour il a entendu appeler un monsieur père d’une de mes amies Monique Guillot qui a dit à Roger « je suis bloqué dans la cave mais j’ai à boire, allez avant moi délivrer d’autres personnes » quand on l’a sorti de la cave, on a vu qu’il était assis sur une bombe à retardement !

La bijouterie Camus et la place de l’église Notre Dame ont subi un bombardement; certaine personnes étaient chargées de récupérer les bijoux ; de la bijouterie on entendait parfois comme une plainte, heureusement il n’y avait qu’un chat vivant sous les décombres. Beaucoup de maisons ont été démolies sur cette place.

Je me trouvais au dispensaire au fond de la place en train d’étudier mon itinéraire pour aller soigner une nouvelle malade à Courteille, qui aussi a été bombardé ce jour là ; le souffle des bombes m’a projetée prés de la porte d’entrée, j’allais partir. Dans une école de Courteille, une amie et moi n’avons pas pu réanimer une jeune fille inconsciente malgré le bouche à bouche. Un autre jour c’est un lavoir qui a reçu une bombe et une femme était coincée sous le lavoir, difficile à atteindre, j’ai pu lui faire une piqûre pour soutenir son cœur, mais je ne pouvais atteindre que sa main et son avant bras.

Le 23 juillet 1944 aux carrières de Condé, Roger m’a demandée en mariage. Quand j’en ai parlé à mes parents, mon père m’a dit « ce n’est pas le moment, on se bat et on n’est pas libéré. Roger et moi nous nous considérions fiancés. Après la libération le 20 août 1944, l’oncle de Roger le colonel Germain (réfugié de Metz avec sa famille) en uniforme gants à la main est venu demander officiellement ma main.

 

Libération d'Alençon, Roger et Micheline avec le général Leclerc.

Puis après la libération Roger a été le chauffeur de son oncle colonel que le génèral de Gaule avait nommé pour inspecter la basse normandie. Roger est retourné à Paris travailler chez Thomson. Il n’y avait pas de train pour venir me voir, un jour il est venu à Alençon dans un camion de sel, une autre fois le camion transportait des pneus, tous bondés. Une fois il a pu prendre un des premiers train, tellement chargé qu’il était coincé dans les toilette à côté de lui une femme portant une oie qui le mordillait, un autre jour un ami le commandant de gendarmerie Donne l’a ramené avec sa mère et sa nièce Nicole 8 ans, en arrivant elle a vu mon amie Micheline Bardin chez qui j’avais rencontré Roger, croyant que c’était moi elle a été déçue. Roger a pu trouver un travail à Alençon aux eaux et forêts. Papa voulait fixer nos fiançailles au printemps, Roger qui venait d’avoir 30 ans (dont 4 ans à la guerre et au service militaire) voulait se marier.

A noël il m’a donnée ma bague de fiançailles et ainsi supprimer les fiançailles, étape importante avant guerre. On a pu se marier le 26 Avril 1945, à la fin de la cérémonie religieuse nous sommes sorties, sous une haie d’honneur faite par mes louveteaux.

Paul Durieux conservateur des eaux et forêts et cousin Germain de Roger nous a conduit avec la voiture des eaux et forêts à Saint Léonard des bois (toujours pas de voiture ni d’essence, la fin de la guerre n’a eu lieu que le 8 mai 12 jours plus tard). A vélo Roger et moi nous avions été réserver notre séjour à l’hôtel qui se trouvait le long de la Sarthe dans les alpes mancelles.

Nous avons eu 9 enfants les deux premiers à Alençon Olivier 1946 et Emmanuel 1947. Nous sommes partis à Lisieux où sont nés Florence 1948, Isabelle 1950, Christophe 1951 et Richard 1954.

A Lisieux Roger était directeur de la reconstruction de la ville très sinistrée. Quand la ville a été reconstruite en 1954, la banque de Paris et Pays bas lui a proposé un poste à Madagascar puis finalement en Algérie pour résorber les bidonvilles et construire des logements adaptés à la mode de vie des algériens.

Roger était directeur adjoint de la compagnie immobilière algérienne (CIA). Il est parti en mai 1954, je suis restée pour terminer l’année scolaire et Richard devait naître vers le 20 juillet. Roger a pu venir pour la naissance une semaine mais il a du repartir avant la naissance qui n’a eu lieu que le 6 août 1954.

Je suis arrives le 26 septembre avec mes 6 enfants sous une chaleur écrasante, Roger est venu sur la piste d’atterrissage au devant de nous (c’est impensable aujourd’hui); son patron et sa femme étaient là et le lendemain il a dit à Roger que j’étais tout à fait son genre, c’est très agréable quand on sait qu’il avait déjà plusieurs maîtresses.

Nous habitions une grande maison (Djenan Marès)très agréable avec attenant une vieille maison mauresque entourée de 4,5 hectares, nous avions de magnifiques orangers bergamotiers, clémentiniers, citronniers, pruniers, plateminiers, figuiers de barbaries et un grenadier.

Nous avons commencé par délimiter notre jardin en y plantant des raquettes de figuier de barbarie, très vite elles ont formé une clôture infranchissable. Dans les dépendances nous avions un âne (Cadichon) au fond de la propriété Roger avait fait une grande tente avec des bambous pour les enfants. La vue était magnifique sur la plaine de la Mitidja, le Djurjura enneigé et l’Atlas.

A côté de chez nous habitaient quelques couples d’arabes et berbères. Ils sont venus nous demander s’ils pouvaient continuer à prendre de l’eau à notre puits. Un mois plus tard ils sont revenus pour nous payer l’eau qui ne nous coûtait rien ! Malheureusement la guerre a débutée (la 3ème pour Roger) 5 semaines après notre arrivée et quelques jours après la venue de maman; c’était le 11 novembre.

Nous sommes partis visiter la région des hauts plateaux au col de Sacamodi, nous y avons pique-niqué, en revenant des files de chars défilaient sur la route, hélas ce n’était pas un exercice militaire mais le début de la guerre.

A la radio nous avons appris que des personnes avaient été assassinées dans la région que nous venions de visiter. Avec les attentats dans les trolleys je faisais la navette pour conduire et rechercher les enfants et Roger.

Nous étions à Birmandres à 8 km d’Alger, nous profitions de la mer et de la montagne à Chréa où certains faisaient du ski le matin et se baignaient l’après midi dans la méditerranée. Il y avait pleins de choses à visiter « le ruisseau des singes (les enfants avaient un peu peur en les voyant en liberté), les ruines romaines de Tipaza, le tombeau de la chrétienne, les forêts d’eucalyptus, le port d’Alger, la casbah, Notre Dame d’Afrique sur les hauteurs, lieu très honoré par les musulman et les chrétiens.

Pascal est né à Alger le 20 octobre 1956. Cette vie idyllique fut interrompue quelques semaines avant les événements tragiques d’Alger. Un jour en allant à la mer nous avons vu une fusillade et un homme tomber, Roger à fait marche arrière et demi-tour. Il a décidé de rentrer en France et est parti en bateau aux places les moins chères pour chercher du travail en France, à sa troisième traversée il a été embauché par la caisse des dépôts et consignations pour une de leurs filiales, la SCIC une société de construction (mais pas avec le même salaire).

Son travail ne l’intéressait pas et pour gagner plus il faisait des heures supplémentaires. Nous avons regagné la France le 28 mars 1958. Roger pensait récupérer la maison de ses parents en indivision avec sa mère et ses 2 frères, elle était louée, nous avons du attendre 25 mois pour emménager à Bagneux.

Heureusement mon frère Francis nous a fait un petit appartement dans son sous sol, il a fait deux petites pièces, un couloir et une petite cuisine avec au fond de la cuisine un rideau et des WC à la turc. Ce sous sol donnait sur une petite cour et sur la cave ; nous avions 7 enfants de 12 ans à 18 mois. On arrivait difficilement à y dormir à 6. La marraine d’Emmanuel a pris son filleul à Arras au milieu de ses 4 filles (on ne compte pas les bêtises qu’il a pu faire jusqu'à ne pas dire qu’il nageait à peine surtout en eau douce, mon cousin l’a vu au fond de la piscine !).

Isabelle est allée finir l’année scolaire chez Claude le frère de Roger à Paris, nous étions à Malakoff. L’année suivante Isabelle est allée chez ma cousine germaine Françoise à Montreuil sur mer, les deux aînés étaient en pension à Dormans dans la Marne prés de Reims chez les salésiens.

A chaque vacance nous allions à Hauterive, sans eau courante ni toilette qu’une lessiveuse recouverte d’un fauteuil percé, la lessiveuse contenait un produit désinfectant et décomposant que Roger et moi devions vider. Heureusement il y avait la pompe où je lavais le linge.

Pour les toilettes je faisais bouillir de l’eau et faisait un feu d’enfer dans la cheminée et je faisais une flambée d’alcool dans une bassine, les enfants se baignaient dans un grand tub. Dans le poulailler en terre battue et au toit percé Roger et les garçons ont percé une porte sur la salle de séjour, j’avais une cuisine et même l’eau courante grâce à un bidon fixé en hauteur que remplissaient les garçons, un tuyau et un vrai évier qui se vidait dehors par une chambre à a air et un trou dans le mur.

La situation de Roger s’était améliorée, son travail devenait intéressant, fini les heures supplémentaires. De 1959 à 1976 nous avons été à noël aux sports d’hiver grâce à mon frère Francis qui au lieu d’acheter des cadeaux aux enfants payait une grande partie de la location.

La vie à Bagneux était agréable, nous avions une grande maison et un jardin, à 3 km de Paris; Roger travaillait aux Champs-élysées. Nathalie le 20 mars 1963 et Nicolas le 25 novembre 1965 sont venus agrandir la famille. Je n’allais que rarement à Paris avec 9 enfants je n’avais pas le temps de sortir et pas de voiture que le samedi, jour où je faisais toutes les courses.

Il n’y avait pas de lait longue conservation et j’allais tous les jours acheter le lait et le pain. Avec un enfant parfois, toutes les 3 semaines j’allais aux halles à 4 heure du matin, on achetait et payait tout sans rien emporter ; à 6 heure je crois une cloche teintait et nous pouvions aller chercher nos achats et les charger sur nos diables; j’étais rentrée à temps pour que Roger puisse partir travailler.

Je devais débiter l’énorme morceau de boeuf que j’avais acheté, Olivier et Manou m’aidaient. Le reste était vendu par cageot, nous aimions tous l’ambiance des halles de Paris. Roger a pris sa retraite en 1978 à presque 64 ans, l’âge de la retraite venait de passer de 65 ans à 60 ans. L’été 78 nous nous sommes installes à Hauterive, Nicolas était en 5ème.

Ensuite à Alençon afin d’éviter les allés et venues. Puis nous avons acheté une maison rue de Sarthe. Quand Nicolas a fait un bac B, il a du aller en pension à Sées. Nous avons fini par vendre la maison d’Alençon pour nous installer dans la maison d’ Hauterive que nous avions rénovée. Nathalie était à Montpellier aux beaux arts et habitait avec Christophe, puis à Paris dans une école d’architecture d’intérieur.

A cette époque nous avons pu faire de beaux voyages grâce à Richard qui travaille toujours à air France. Roger est décédé dans son sommeil le 3 janvier 2001 dans sa 87ème année. Malheureusement notre Totoche chérie est dans le coma depuis le 22 mars 2005, elle avait eu 42 ans le 20 mars, très entourée par sa famille et ses amies surtout Lydia et Christelle. Moi sa mère je suis toujours là à 82 ans, je suis très entourée par mes enfants et petits enfants, actuellement ils sont 38. Je vous aime tous et merci de toutes vos marques d’affection.

J’ai écrit ces pages pour Thomas qui trouvait que notre vie était pour lui de la mythologie. Au reçu des 2 premiers textes Thomas m’a demandé des précisions sur ce que je pensais pendant le guerre, (j’étais une adolescente de 17 ans) de Pétain et de Gaule et aussi quel était mon rôle d’élève infirmière réquisitionnée. Thomas me demandait aussi quels étaient mes rapports avec Dieu.

Je dédis ces quelques pages à mes petits enfants et à mes arrières petits enfants.

 

       Fait le vendredi 13 Janvier 2006 par Micheline Tertois


Thomas voici la réponse à ta troisième question.

Dire sa foi est difficile, la foi est un don de Dieu, Dieu est Amour, Il nous appelle mais nous ne l’entendons pas. Il est Amour et Jésus son fils est la manifestation de cet Amour, Il a voulu partager notre humanité pour que nous l’entendions et connaissions son Père et notre Père Dieu (Jésus disait à ses apôtres qui me connaît, connaît le Père).

Dieu est miséricorde et pardon, par la mort de jésus sur la croix il nous a pardonné nos péchés et par sa résurrection nous a libéré de la mort, Il est le premier des ressuscités.

Par le baptême nous avons reçu un germe de cet Amour, à nous de le faire fructifier, en aimant Dieu en le glorifiant, en vivant de sa parole et en la méditant chaque jour et essayer de la mettre en pratique; par des actes ou choses très simples, offrir ses souffrances à Jésus qui a tout fait par amour pour nous, en aimant ceux qui nous aiment mal et surtout en ne les jugeant pas, en aimant notre prochain.

En allant vers Dieu. Je rencontre le visage de Jésus dans mon prochain, soit un sourire soit une parole réconfortante soit un coup de téléphone soit un petit mot qui me réconforte. Comment crois-tu que j’arrive à supporter le coma de ma petite Nathalie si je ne savais pas que Dieu nous aime et nous réconforte.

Nous avons tous faim d’aimer et d’être aimé et faim de Jésus qui est amour et pain de Vie. Par sa parole et par l’eucharistie (la communion). C’est cela qui nous nourrit

De plus je crois en la communion des Saints, prier pour les autres peut les aider, offrir ses souffrances ou des actes pour autrui leur est bénéfique.

Ce qui est meilleur pour nous n’est pas toujours le mieux pour Dieu, la seule chose qui compte c’est le salut éternel. Nous sommes sur la terre pour atteindre le bonheur éternel, comme un voyageur qui arrive enfin au terme du voyage. La mort est une entrée dans la Vie et devrait être une joie malgré la douleur de la séparation. Dieu est tellement important pour l’homme que je le prie chaque jour pour que mes descendants le rencontre un jour.


 Fin Janvier 2006-


Notes d'Olivier :

Souvenir de conversation avec papa, Belle etc.…

 

Travail de papa en Algérie

Papa a assez vite compris le mode de vie de la famille maghrébine (musulmane) pour qui les immeubles que l'on construisait à l'époque ne le permettaient pas de suivre les traditions. Il a imaginé de construire de petites maisons ouvertes sur une cour entourée de mur. Ce qui permettait à la femme d'être chez elle non voilée. Qui permettait aussi d'avoir un mouton pour fêtait la naissance du prophète.

Vie de Belle a Metz

En hiver il est arrivé que la Moselle soit gelée et pour se rendre à l'école en venant de Chazelles, Belle utilisait un traîneau à cheval sur la Moselle !

Chazelles :

Jeunes mariés, Papa et Maman sont allés visiter la famille en Lorraine. La maison de Chazelles était occupée par les Germain. (Tante Lotte ayant épousé le Colonel Germain). Papa et Maman avait offert à tante Lotte un superbe hortensia, quand j'y suis allé 15 ou 20 ans plus tard, tante Lotte m'a montré un superbe massif d'hortensia qui comprenait celui de mes parents et ses rejetons.

Lisieux

J'étais trop jeune pour me souvenir de la première maison (la villa marguerite), mais par contre celle du lotissement "Suédois" oui. Tout d'abord le nom de Suédois viens du fait que ce lotissement a était construit après la guerre par un financement des Suédois.

Cette maison était à la sortie de Lisieux sur la nationale 13 en direction de pont l'évêque. Nos voisins était une autre famille nombreuse (ils ont eu 7 enfants) les Lucas. Monsieur Lucas était vétérinaire. Quand il avait des vêlages de nuit à faire, il lui est arrivé d'emmener Papa comme assistant et surtout comme chauffeur. Avec Emmanuel nous avions donc comme voisin des enfants de notre age, c'était génial. Je me souviens de François et d'Anne-Marie.

Au début j'allais dans une école maternelle situé dans un parc ou se trouver aussi les bureaux de Papa. Ces bureaux étaient du style préfabriqué (Lisieux étant complètement détruit). Ensuite je suis allé à l'école primaire tenu par les frères.

La maison était à environ 2 km de l'école. Au début j'y allé en moto avec Papa ou en vélo derrière la bonne. Au primaire avec Emmanuel nous y allions à pied.

Bêtises d'Emmanuel à Lisieux :

Un dimanche d'été, il y avait (pour l'époque) un trafic important sur la N13, à un moment mes parents ont été affolés, car ils entendaient des pleurs de Florence qu'il n'arrivait pas à localiser et de grand coup de klaxon. Emmanuel avait enfermé Florence dans la cage à lapin (qui étaient en sous-sol) et pris le lapin et une carotte. Il avait mis le lapin et la carotte au milieu de la N13 et il ……………… observait !

Peu avant le mariage d'Arlette Clément (ma marraine), meilleure amie de Maman avec Guy Gaulard (Florence et moi étions fille et garçon d'honneur) Emmanuel s'est transformé en coiffeur et a exercé ses talent sur les cheveux de Florence !

Bêtise d'Olivier à Alençon

Emmanuel était bébé, maman était partie avec nous faire des courses, elle m'avait laissé dans la rue à coté de la poussette où était Emmanuel. Quand elle est sortie du magasin, Emmanuel était barbouillé des petits suisses que j'avais essayé de lui faire manger !



Par Tertois Olivier - Publié dans : Avant Guerre par Micheline Tertois 3
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Mercredi 14 janvier 2009 3 14 /01 /Jan /2009 11:36

    Je ne suis pas un littéraire, mais je mais à votre disposition mes souvenirs.

Je met ici a votre disposition les documents de famille à ma disposition,

Si vous avez des remarques à me faire envoyer un @mail à ma boîte mail:

olivier.tertois@laposte.net

 

Le blog est en construction, je mets ici les sujets non traités pour ne pas les oublier :

 

Dans sa modestie maman n'a pas raconté cet épisode juste avant la libération d'Alençon :


Comme vous le savez en tant qu'élève infirmière, elle faisait la tournée des fermes pour faire des pansements des piqures, etc... Pour ce faire elle avait un laisser passer des autorités allemandes.
Un jour en se rendant dans une ces fermes isolées, elle tombe nez à nez dans un chemin creux avec un rassemblement de "Panzer" Allemand, Grâce à son laisser passer elle ne fut pas inquiétée.
De retour à Alençon elle en informe le commandant Done, qui pu se mettre en relation avec la résistance. Celle-ci a pu prévenir à temps la 2ème DB du général Leclerc et la 2 DB a modifié son itinéraire pendant que l'aviation allié s'en prenait au "Panzer" .

 

Voilà le fait de guerre de Micheline

Par Tertois Olivier - Publié dans : Tertois suite
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Mercredi 14 janvier 2009 3 14 /01 /Jan /2009 11:39
    Etant né en 1946, je n'ai bien sur aucun souvenir personnel d'Alençon



A gauche le long du 2ème mur il y a papa et maman et à droite le général Leclerc.


 Papa et Maman en 1944
Papa, Claude, Bonne maman, Pelot
Maman et moi (Olivier)
A l'été 1946 au 49 rue de Paris à Bagneux chez Pelot

Bêtise d'Olivier à Alençon

Emmanuel était bébé, maman était partie avec nous faire des courses, elle m'avait laissé dans la rue à coté de la poussette où était Emmanuel. Quand elle est sortie du magasin, Emmanuel était barbouillé des petits suisses que j'avais essayé de lui faire manger !

Sage femme madame Né

Petites histoires d’Alençon :

On appelait le conte De Cuverville : Face à la campagne.

Il y avait 2 magasins côte à côte dont le propriétaire s’appeler l’un "Landormi», l’autre "Léveiller"

Par Tertois Olivier - Publié dans : Tertois Alencon
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Mercredi 14 janvier 2009 3 14 /01 /Jan /2009 13:26

Lisieux

J'étais trop jeune pour me souvenir de la première maison (la villa marguerite), mais par contre celle du lotissement "Suédois" oui. Tout d'abord le nom de Suédois viens du fait que ce lotissement a était construit après la guerre par un financement des Suédois. Je suis passé à Lisieux en 2006 avec Maman, elle m’a montré la superbe " la villa marguerite", par contre les maisons suédoises ont mal vieillis.



Villa "Marguerite", photo prise en 2004
              Micheline et Roger Villa Marguerite


Après la villa Marguerite "maisons suédoise". Cette maison était à la sortie de Lisieux sur la nationale 13 en direction de Pont l'évêque. Nos voisins étaient une autre famille nombreuse (ils ont eu 7 enfants) les Lucas. Monsieur Lucas était vétérinaire. Quand il avait des vêlages de nuit à faire, il lui est arrivé d'emmener Papa comme assistant et surtout comme chauffeur. Avec Emmanuel nous avions donc comme voisin des enfants de notre âge, c'était génial. Je me souviens de François et d'Anne-Marie.

Au début j'allais dans une école maternelle située dans un parc ou se trouvaient aussi les bureaux de Papa. Ces bureaux étaient en préfabriqué (Lisieux étant complètement détruit). "Papa travaillé à la reconstruction de Lisieux". Ensuite je suis allé à l'école primaire tenu par les frères à 4 bras dans le centre de Lisieux.

La maison était à environ 2 km de l'école. Au début j'y allais en moto avec Papa ou en vélo derrière la bonne. Au primaire avec Emmanuel nous y allions à pied.

Bêtises d'Emmanuel à Lisieux :

Un dimanche d'été, il y avait (pour l'époque) un trafic important sur la N13, à un moment mes parents ont été affolés, car ils entendaient des pleurs de Florence qu'ils n'arrivaient pas à localiser et de grand coup de klaxon. Emmanuel avait enfermé Florence dans la cage à lapin (qui était en sous-sol) et pris le lapin et une carotte. Il avait mis le lapin et la carotte au milieu de la N13 et il ……………… observait !

Peu avant le mariage d'Arlette Clément (ma marraine), meilleure amie de Maman avec Guy Gaulard (Florence et moi étions fille et garçon d'honneur) Emmanuel s'est transformé en coiffeur et a exercé ses talents sur les cheveux de Florence !

Un peu avant le 14 Juillet, Emmanuel (qui est né le 14/07/1947) s’approche des ouvriers qui décorent la rue ou nous habitions et les remercie de mettre des drapeaux pour son anniversaire, à l’époque il zozotait beaucoup plus qu’a l’âge adulte.

Je me souviens des voitures de papa la première était une Hamilcar.

  Et la fiat 1400
     C’est dans cette Fiat, qu’un jour au retour de la clinique où Olivier, Emmanuel, Florence, Isabelle et Christophe, nous nous étions fait opérer des amygdales et des végétations, qu’Emmanuel a couvert le dos de la veste de papa de sang.

Hiver 1952 ou 53, il y a eu un coup de froid important, la nationale 13 était blanche de neige luisante. Maman a attaché une luge à sa mobylette et m’a trainé sur la nationale, je pense qu’Emmanuel aussi a eu droit à son tour, les filles, je ne sais pas.

Par Tertois Olivier - Publié dans : Tertois Lisieux
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