Avant Guerre par Micheline Tertois 1

Mardi 13 janvier 2009 2 13 /01 /Jan /2009 16:58

ROGER TERTOIS

Texte écrit en réponse à une demande de Thomas Tertois à sa grand-mère

Son grand père paternel Philippe Tribout né le 17 avril 1846, architecte à construit un temple et un pont à Metz ainsi que la gare du Nord à Paris.

Il avait trois résidences à Metz place du Saulcy, la belle maison de Chazelles « propriété en face de celle de Robert Schuman ministre et un des pères de l’Europe, dont la maison est devenue un musée » et un hôtel particulier prés de l’église Saint Laurent (je crois) prés de la gare de l’est.

La maison de Bagneux (45 rue de Paris) devait aussi lui appartenir car Roger disait qu’il y venait en week-end en voiture à cheval et qu’il y avait plus de 2 de heures de route. Il a hérité d’un oncle fort riche qui était Ferronnier d’art (il a construit les entrées du métro "Art déco". C’est peut être lui et non Philippe Tribout qui a construit la gare du nord). Aussi il est devenu rentier très jeune environ 35 ans; avec toute sa famille et leurs domestiques ils partaient « prendre les eaux ».

Ton arrière grand mère Marguerite Tribout avait un domestique qui la suivait pour porter son cartable et quand elle allait dans les magasins c’est la femme de chambre qui portait les paquets. Il a eu 2 filles d’un premier mariage Louise Renaudin (les Durieux) et Marguerite Tertois née le 17 mai 1883 appelée Badite, sa femme est morte en couche (non peut-être de la phtisie); remarié avec une cousine de sa femme sont nés Hermance 1889 appelée Péchu un enfant mort à quelques mois, Georges (futur architecte) et Marcelle Germain appelée tante Lotte.

Son arrière grand père Tertois était arpenteur puis vérificateur des poids et mesures, son fils Ferdinand Tertois était instituteur comme sa femme à Champosout commune de Camembert, l’école était à côté du cimetière si bien que Roger disait que son père était né dans un cimetière; nous y sommes allés c’est vrai et de plus dans ce cimetière est enterrée Marie Harel qui a inventé le fameux fromage camembert. Ils ont eut 3 enfants Savinien Alcide Raoul qui a toujours été appelé Raoul Tertois, le père de Roger ton grand-père né le 20 avril 1878, Irène institutrice en primaire et Yvonne agrégée de Math; toutes deux célibataires.

Raoul Tertois et Marguerite Tribout se sont mariés en 1909 au mois de juillet à Chazelles ils ont eut 3 fils Pierre avril 1910 appelé Pellot (père de Nicole Berger), Roger 9 août 1914 à (père de 9 enfants) et Claude juillet 1921 (père de 2 fils et 1 fille).

Raoul était médecin à Bagneux, il faisait ses visites en voiture à cheval, puis il a eu une auto et a vendu un bout de terrain à un ouvrier mécanicien Mr Pigale qui habitant ainsi à côté, tous les jours il révisait la voiture. A 7 où 8 ans Roger l’accompagnait et il conduisait, dés qu’il y avait une route à traverser Roger descendait ainsi que son père car la roue de secours était le long de la porte du passager et on ne pouvait pas l’ouvrir! La route traversée Roger reprenait le volant. Ceci afin de vérifier si la route était libre.

Raoul faisait aussi bien les accouchements, la petite chirurgie et même arracher des dents. Un jour une femme d’alcoolique est venue, Roger la reçoit, elle lui dit ton père doit venir très vite à la maison car mon mec vient encore de faire une crise de derrière trop mince!(delirium tremens). Raoul est mort fin 1943, je ne l’ai pas connu.


Roger Tertois

Né au début de la guerre de 1914 le 9 août, d’abord réfugié à Landerneau en Bretagne. Étude à Bagneux et à Sceaux  où il a remporté pleins de médailles sportives surtout en course (Quand Olivier à notre retour d’Algérie était élève au lycée Lakanal son père figurait toujours sur les tableaux). Ensuite il est allée à Albert Demain jusqu’au bac. Il a fait une école d’électricité et a travaillé chez Thomson.

Là pendant la guerre début 1943, un jour il a été appelé dans le bureau du patron où se trouvaient 2 SS de la gestapo et on lui dit vous devait partir en Allemagne vous où monsieur X père de 4 enfants. Roger est parti et déjà dans le train il se disait qu’il aurait du se cacher. Arrivé en Allemagne comme il parlait allemand il a constaté qu’on triait les arrivants :

 Etes-vous payé à l’heure ou au mois ?

 Que savez vous faire ? Etc.

Roger à dit qu’il ne savait rien faire manuellement et s’est mis à le leur expliquer en allemand, si bien qu’il s’est retrouvé à la Téléphoken dans des bureaux où il partait librement jusqu’au jour où une employée lui a dit untel vient dans notre bureau c’est un nazi faites attention à ce que vous dites. Une autre fois c’était la fête au bureau pour le Xème anniversaire de la fondation de la société et on offrait des cadeaux aux employés on lui a offert un livre sur la Lorraine allemande (Roger se disait Lorrain comme la famille de sa mère) il a refusé le livre disant qu’il n’y avait qu’une Lorraine la "Lorraine française". Il pensait que beaucoup n’avait pas compris son geste.

Pendant son séjour il était logé dans des baraquements mais libre de ses mouvements, parfois avec des copains parlant allemand ils allaient dans des restaurants «interdits aux étrangers et aux juifs», ne parlant français qu’à la fin du repas, une fois ils ont été expulsés et n’ont même pas payé. Ils ont cessaient ce petit jeu qui aurait pu devenir dangereux. Un jour un allemand lui a demandé son chemin, comme il partait il fait demi tour pour lui demander de quel province il était ? Il a répondu de Paris.

Roger a subi 52 bombardements à Berlin, c’était surtout des bombes incendiaires si bien que les façades restaient debout mais tout l’intérieur était brûlé. Je crois que fin novembre 1943 son père Raoul est décédé, plusieurs jours après le télégramme lui est parvenu, il est allé à la comandanture, là on lui a dit votre père est sûrement enterré pas de permission, en discutant il a parlé de problèmes d’héritage et il a obtenu ses papiers, il a même aidé 3 ou 4 français qui ne parlant pas allemand n’auraient pas pu avoir de permission.

Enfin il rentra à Bagneux et le soir même on sonna à la porte, son frère Claude 22 ans va ouvrir et revient revolver dans le dos accompagné de 2 ou 3 types réclamant du fric, Roger leur a dit «mon père vient de mourir tout est bloqué et mettant sa main dans sa poche "geste dangereux" leur a sorti des marks allemands, c’est tout ce que j’aie je rentre d’Allemagne prenez les. L’un dit à l’autre as-tu bien coupé le téléphone ? Roger répliqua vous êtes des clients de mon frère dentiste (le téléphone étant dans le mur bien caché ainsi pendant que Pellot travaillait on pouvait répondrez du couloir). Allez partez.

Ma belle mère et Nicole 7 ans étaient présentes et Claude ne pensait qu’à une chose cacher au maximum le poêle à bois (c’était la guerre pas de chauffage) il avait peur que les voleurs ne brûlent les pieds de sa petite nièce pour la faire parler ! La mère de ma belle mère venant de mourir toute l’argenterie et les bijoux de famille était dans un coffre-fort caché dans la penderie de ma belle mère en attendant le partage.

A la fin de sa permission Roger est parti se cacher à Alençon où s’était réfugié sa famille de Metz pour s’éloigner des allemands (Ils avaient subi l’occupation allemande de 1870 à 1914 et en avaient beaucoup souffert). Ils ne se doutaient pas qu’il y aurait le débarquement en Normandie.

Voilà Roger à Alençon Les tantes Louise Renaudin et Péchu Tribout habitaient prés de la gare et la maison voisine était habitée par les Durieux (Elmée Durieux était la fille de Louise Renaudin). Les jardins communiquaient si bien que lorsqu’on sonnait Roger changeait de maison, il dormait dans une mansarde et le jour on ne pouvait pas voir que quelqu’un y logeait ; quelques semaines après il a eu des papiers d’identité et a pu sortir, il avait même plusieurs cartes d’identité qu’il cachait sous les tuiles du toit.

La préfecture lui avait donné un petit emploi, ensuite son cousin Paul Durieux (ancien X conservateur des eaux et forets) lui a trouvé un travail plus intéressant à la production forestière. C’était l’époque des premiers bombardements. Ce jour-là les Durieux déjà 6 enfants (9 en tout) ne trouvaient plus un enfant, ayant tellement peur il s’était mis sous le matelas de la voiture d’enfant. Roger leur a dit quittez Alençon, les Américain vont revenir, Ils ont eu une belle maison bourgeoisie par le propriétaire du château de Montigny «lui aussi conservateur des eaux et forets» à côté du château, c’est là qu’est né Bruno Durieux filleul de Roger qui fut ministre de la santé sous le gouvernement de Michel Rocard (1990 1993).

Il s’est engagé dans la défense passive parce qu’un cousin lui a dit qu’il manquait un quatrième pour jouer de bridge quand ils étaient de garde.

La suite sera avec moi.

Fait le vendredi 13 janvier 2006 à Hauterive.


MICHELINE DUCATTEAU

Mon arrière grand père Henri Ducatteau né vers 1840 était industriel dans le textile à Roubaix. Il était très ingénieux et aurait inventé le tissu éponge, il a même reçu une très belle sculpture en bronze en cadeau qui est pour mon neveu Bernard Ducatteau.

Il a eu 3 enfants Henri Sophie et Léon. Mon grand père Henri Ducatteau (s’appelait Henri car comme fils aîné il devait succéder à son père). Il est né en 1866 et mort en 1941. Il était industriel et fabriquait de jolis tissus fantaisies pour gilets. Il habitait une grande maison au centre de Roubaix. Je n’ai pas connu ma grand-mère décédée en 1925 quand j’étais toute petite. Ils ont eu 4 enfants Louis mon père Marie Louise dont le mari Jacques Vittrant a fait fortune à Calais, il avait un bureau d’étude où avec une dizaine de dessinateurs il concevait des machines automatiques qui fabriquaient les premières dentelles industrielles (la dentelle était très chère et à la mode, dentelle d’Alençon de Chantilly etc. ) puis Henri ophtalmologiste à Douai, il avait sa propre clinique dans la maison voisine de la sienne à Douai et Maurice père du Saint Esprit qui a été tué fin 1915 pendant la 1ère guerre mondiale.

Mon grand était poète, j’ai un beau poème écrit pour le 1er anniversaire de la mort de son fils. J’ai aussi un petit meuble lui appartenant, il était conçu pour contenir un des premiers gramophones Avec un énorme pavillon, hélas disparu.

Mon arrière grand-père maternel s’appelait Hennion mais je ne sais rien sur lui. Mon grand père Alphonse Hennion né le 28 septembre 1861 à Tourcoing était contre maître dans une filature à Tourcoing. Sa femme Aimée Maret née en 1867 est décédée en 1948. Ils ont été fiancés 7 ans (durée du service militaire). Aimée était contre maîtresse dans la même filature à Tourcoing (agglomération de Lille Roubaix Tourcoing).

Ils ont eu 2 enfants Gabrielle Hennion née le 10 janvier 1889. Elle a épousé Louis Ducatteau né le 4 avril 1889, ils avaient tous les deux 23 ans. (Maman était amie avec Marie Louise Ducatteau). Leur fils Michel Hennion était prêtre et professeur de français latin grec. Vers 45 ans il a été nommé curé à Armentières (ville où est née Line Renaud).  Puis curé à Croix à côté de Roubaix. Michel Hennion était au séminaire avec Maurice Ducatteau. Mon père était beau garçon et je crois un peu coureur, ce qui navrait son père.

On lui a fait rencontrer Gabrielle Hennion, belle jeune fille réservée qui avait reçue une très bonne éducation au pensionnats Notre Dame des anges, elle était d’un milieu plus modeste. Elle avait son Brevet supérieur; presque l’équivalent du bac à une époque ou on arrêtait ses études après le certificat d’étude, surtout les filles.

Louis Ducatteau et Gabrielle Hennion se sont mariés en janvier 1912 à Tourcoing. Papa a monté à Arras une entreprise qui commercialisait les tissus fantaisies pour gilets fabriqués par son père et très à la mode à cette époque.

La guerre de 1914 a débuté le 4 août. Papa est parti et à été très grièvement blessé au chemin des dames fin 1914 et laissé pour mort. Les allemands l’ont ramassé, il était prisonnier. Cela lui a peut être sauvé la vie, la médecine allemande était plus performante à ce moment là. Papa était pleins d’éclats d’obus, un lui avait traversé le ventre et bousillé un rein.

Ma mère enceinte de Gérard a été prévenue; elle a traversé les lignes ennemies en se cachant. Elle a pu arriver dans la ville où les grands blessés devaient être hospitalisés. Elle allait à la gare à tous les trains et a retrouvé son Louis, mais en piteux état, sur un brancard. Maman ne savait pas où les allemands l’avaient transporté. Elle est allée voir les allemands et à sa grande honte un officier l’a emmené en voiture à cheval faire le tour des hôpitaux.

Elle l’a retrouvé. Papa a été emmené en Allemagne. Environ un an après, Gérard était né mais ne marchait pas. La grande Duchesse de Bâle en Suisse a demandée aux allemands de lui envoyer des grands blessés prisonniers. Mon père est parti en Suisse. Il a fait des démarches, maman a pu le rejoindre; (elle s’était engagée dans la croix rouge comme infirmière, j’ai dans ma vitrine des médailles de cette époque).

Maman a pu le rejoindre avec 4 enfants, mon frère Gérard 1 an, sa nièce Maryse Vittrant «car dans le Nord il n’y avait rien à manger» 4 ans et son frère son neveu Jacques 3 ans ainsi qu'une petite cousine un peu plus âgée sourde et muette (qui plus tard lisait sur les lèvres et parlait d’une voix rauque).

En arrivant à Chafouse en Suisse maman fut fascinée par les devantures des charcuteries pleines comme avant guerre. Avec papa ils se sont installés au Diableret, Gérard y a fait ses premiers pas et connu son père, il en était jaloux. Maryse et Jacques y étaient aussi (photos). Mon père s’est occupé de cinéma, ses déplacements lui ont permis de faire du contre espionnages (j’ai quelques documents ainsi que des laissez passer de maman).

Ils sont rentrés à Arras la guerre terminée. Mon père a eu une entreprise de papiers peints à Paris. Francis est né le 7 mars 1921 (après des études à Stanislas et à Henri IV il a été reçu entre autre aux mines et à central. Envoyé par le STO aux mines de Lens; il a pu me faire descendre au fond de la mine, je suis remontée les poches pleines de fossiles qui sont restés en Algérie).

Moi, Micheline je suis née le 8 décembre 1923 à Paris XIVème, étude à Notre Dame de Sion (où la comtesse de Paris était élève en 1ère et moi au jardin d’enfants, classe précédant le primaire, une grande élève était chargée de nous, on l’appelait notre ange, la notre était la comtesse de Paris). Dans ma classe il y avait Micheline Sachagne, très drôle qui est devenue Micheline Presle actrice connue).

Mon père est entré dans les assurances à l’Urbaine vie (AXA). En 1939 papa a été mobilisé, il était capitaine du train dans la drome où il organisait le trafic ferroviaire militaire, nous étions à Saint-Quay en vacance en Bretagne; nous y sommes restés jusqu’à ce qu’on trouve pour Francis une école préparant l’entrée aux grandes écoles.

Stanislas devait s’installer au château d’Ô (où nous avons fêté nos noces d’or).Toutes les grandes écoles ont fui Paris, finalement le lycée Henri IV est venu à Alençon; pas de logements à Alençon mais les habitants accueillants on fait de la place aux réfugiés. Le ravitaillement était difficile, nous avions des cartes d’alimentation de pain, viande, matière grasse; on manquait de tout si bien que mon père à perdu 30kg.

Mais par rapport à Paris nous étions gâtés car on pouvait se procurer un demi mouton ou porc et on envoyait pleins de colis aux parisiens. Je me souviens des queues immenses à la poste. Pas d’essence papa faisait tout à vélo et en train, on devait cacher les voitures car elles étaient réquisitionnées.

A cette époque j’étais en seconde. L’été 1940 les troupes allemandes envahissaient la Belgique puis la France à toute allure. Se souvenant des atrocités et du manque de nourriture, les Belges puis les gens du Nord quittaient tout et se lançaient sur les routes en voiture vélo charrette tracteur avec des matelas fixés sur le toit des voitures. C’était un convoi ininterrompu. Comme tous nous avons suivi, Francis avait son permis que nous pouvions passer dés 16 ans (les hommes étant mobilisés).

Parfois les avions allemands mitraillaient les files de voitures, on s’aplatissait dans les fossés attendant qu’ils soient partis. Quand il y avait de l’essence les queues étaient impressionnantes. C’était la dure réalité de l’exode. J’avais un chat Kita à une escale à Saoin sur Gardampe il s’est sauvé dans un arbre, finalement on n’a pas pu le rattraper (dans ce village on pouvait voir dans l’église une magnifique fresque du moyen âge, restauré depuis).

On dormait dans des granges ou bâtiments où il y avait de la vermine surtout des poux. Nous sommes arrivés à Charroux et là les allemands nous ont rattrapé, Nous nous sommes installés à Charroux, Je ne sortais qu’avec Maman à cause des soldats qui campaient dans la prairie sous nos fenêtres. Ce fut l’armistice, finalement nous étions à quelques kilomètres de la zone libre.

Mon père n’était pas prisonnier, sachant où nous étions il a pu arriver prés de Charroux et un monsieur Dudognon a pu le faire passer en zone occupée, c’était encore facile à ce moment là si on connaissait la région. De retour à Alençon, la maison avait été occupée par des allemands, beaucoup de choses avaient disparu. Dans le salon sur la table louis XVI il y avait mis ma photo et un bouquet de fleurs fanées !

Mes parents ont trouvé des immondices que je n’ai pas vus. Ils m’ont volée mes deux ou trois grands albums de cartes postales, certaines de la guerre de 1914 et toute ma collection de cartes de la Sainte Catherine. Avant guerre on envoyait aux filles avant leurs 25 ans, des très jolies cartes  pour cette fête.

Mon frère Gérard a été prisonnier et a pu s’échapper presque aussitôt. Il essayait de remonter vers Alençon marchant la nuit; il a été repris à 10 km de la maison. Prisonnier à la caserne Valazé (depuis peu restauré, par le conseil régional de l’Orne).

Gérard n’a pas voulu s’évader de peur de représailles pour nous. Les prisonniers ayant des poux étaient conduits à l’hôpital sous bonne garde et les sœurs mettaient une salle à la disposition des familles où on voyait nos prisonniers librement. Grâce à cela papa et Gérard ont préparé une évasion possible «Argent carte d’identité tickets d’alimentation etc.. ».

J’ai un très mauvais souvenir de l’hiver 1940 particulièrement froid; j’allais à vélo à 7 heure du matin à la caserne à environ 4 km de la maison porter des colis à Gérard, les allemands ouvraient nos colis et coupaient tout pour voir s’il n’y avait rien de caché dedans. «Inconsciente un jour voyant Gérard à la fenêtre du toit, il dormait dans un hamac dans ce grenier, pour lui parler je me suis mise à faire du sémaphore dans la rue, appris au scout et guide de France ».

Gérard est parti en Allemagne dans des wagons à bestiaux; il a démonté la plaque fermant une petite ouverture tout en haut, à la nuit tombante prés de la Loire, il est sorti et là suspendu dans le vide il a sauté, pourtant il savait qu’au milieu et a la fin du convoi se trouvait des plateformes avec des allemands et des mitrailleuses. Mon frère n’a pas été atteint. Il a pu rejoindre la Loire la traverser ainsi passer la ligne de démarcation, il était en zone libre.

Par Tertois Olivier - Publié dans : Avant Guerre par Micheline Tertois 1
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